Logo Comité programme sociauxCOMMUNIQUÉ DE PRESSE

Personnes exclues du marché du travail : en faisant courir les préjugés, le Ministre Blais participe au problème

Alma, le 26 février 2015.- Comme plusieurs avant lui, l’actuel ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a choisi d’utiliser les préjugés pour justifier des coupures aux personnes les plus démunies. Pourtant, ce procédé maintes fois utilisé n’a jamais aidé les personnes qui veulent se sortir de l’aide sociale.

«Le ministre dit qu’il veut permettre aux personnes assistées sociales de retourner sur le marché du travail, mais pense-t-il que les employeurs vont accepter d’embaucher ces personnes s’ils en croient les préjugés que véhicule lui-même le ministre?» questionne Sylvain Bergeron de L.A.S.T.U.S.E. du Saguenay.

En conférence de presse le 28 janvier 2015, le ministre a dit vouloir permettre à plus de personnes de réintégrer le marché du travail, mais en a profité pour écorcher une fois de plus l’intégrité des prestataires de l’aide de dernier recours en mettant l’emphase sur des cas particuliers qu’il fait passer pour des inégalités entre personnes assistées sociales. «Partager un logement à plusieurs quand tu reçois 616 $ par mois, c’est juste logique. Les logements coûtent cher, les listes d’attente pour un HLM sont sans fin. Ce qu’on est en train de faire, c’est de pénaliser l’entraide, de pénaliser la survie.» déclare Nadia Bolduc, d’Accès conditions Vie Lac-St-Jean Est. La vie en colocation est une des situations à laquelle s’attaque le ministre et qui serait une source d’injustice.

Affirmant vouloir favoriser la disponibilité des personnes pour un éventuel emploi, il limitera également les possibilités de sortir du Québec. «Il faudrait bien que le Ministre Blais garde en tête que ce n’est qu’une minorité de prestataires considéréEs «sans contraintes à l’emploi» qui pourraient réellement réintégrer le marché du travail demain matin. Son ministère est en possession de ces informations bien qu’il tente de le faire oublier en prétendant que les personnes assistées sociales se payent des voyages dans le Sud au lieu de se chercher une job. Tant pis si ça empêche une personne d’aller visiter un parent malade en dehors du pays.» regrette Ginette Dionne de l’organisme Les Gens Oubliés d’Hébertville.

L’approche punitive qu’adopte le Ministre Blais est une vieille recette bien connue des personnes assistées sociales et des groupes qui défendent leurs droits. «Depuis toujours on justifie des compressions en créant des crimes dont seraient coupables les pauvres. Ces personnes humiliées, habituellement, n’osent pas prendre la parole pour rétablir la vérité et la population se laisse convaincre.» dénonce Julie Bilodeau du Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi.

Pour Alain Dufour de l’organisme Les Gens Oubliés d’Hébertville, enfoncer les personnes dans la honte n’est pas une solution. «Dans notre société, c’est par le travail qu’on devient quelqu’un. Ce qu’on voit dans nos groupes, c’est que les gens veulent travailler. Même les personnes qui ont des problèmes de santé graves rêvent souvent de retourner à l’emploi occupé avant de se retrouver l’aide sociale. Si le gouvernement permettait aux personnes de se sortir de leur pauvreté, de se sortir des maladies que la pauvreté amène, non seulement il verrait ses dépenses en santé et service sociaux diminuer, mais il se retrouverait avec une petite armée de personnes motivées et prêtes à aller travailler le matin dans ces beaux emplois qu’il nous promet.»

«Le retour à l’équilibre budgétaire ne doit pas se faire au prix d’une hausse des inégalités sociales, prévient la présidente régionale du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Brigitte Claveau. Le personnel du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), déjà en réduction d’effectifs constante depuis plus de 10 ans, offre de l’aide à nos concitoyens sans revenu ou sur l’assurance-emploi. Nos membres rencontrent des citoyens de plus en plus en détresse psychologique notamment, en raison de la réforme de l’assurance-emploi. Évidemment, lorsqu’on vit une telle situation, le contact humain est essentiel à la sortie de crise car, il ne faut pas se leurrer, la diminution du personnel au MESS entraînera une disparition des services de proximité dans les régions et contribuera à accélérer l’implantation des services en ligne centralisés. Obliger ces personnes à prendre le téléphone ou leur ordinateur, si elles en ont un, pour obtenir de l’aide ou pour obtenir des réponses, n’est pas la meilleure manière de les encourager. De surcroît, la misère humaine ne se voit pas au téléphone ou par courriel et l’empathie non plus»

Le SFPQ déplore les coupes aveugles que le gouvernement entend faire dans les services publics plutôt que de s’attaquer avec courage à la colonne des revenus. Des solutions sont à portée de mains pour mieux financer nos services publics, sans alourdir le fardeau fiscal des familles à revenus modestes et de la classe moyenne : l’ajout de paliers d’imposition, la lutte contre l’évitement fiscal, la réduction des avantages fiscaux consentis aux banques et aux grandes entreprises, la création d’un régime universel d’assurance-médicaments en sont quelques-unes. «Alors que les grandes entreprises ne payent pas leur juste part d’impôt, que les banques empochent des profits mirobolants, les assistés sociaux doivent se serrer la ceinture pour atteindre coûte que coûte le déficit zéro. C’est un non-sens!» déplore la présidente régionale du SFPQ, Brigitte Claveau.

Le comité programmes sociaux de Solidarité Populaire 02 est un regroupement d’organismes ayant pour mission de défendre les droits des personnes assistées sociales et/ou sans emplois. (Accès Conditions de vie Lac-St-Jean Est, Les Gens Oubliés d’Hébertville, L.A.S.T.U.S.E du Saguenay, Service budgétaire communautaire de Chicoutimi, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, région Saguenay–Lac-St-Jean – Chibougamau – Charlevoix – Haute-Côte-Nord). Le SFPQ regroupe le personnel qui œuvre dans les centres locaux d’emploi.

-30-

 

SOURCE :          Brigitte Claveau, présidente régionale SFPQ

Tél. :    418 548-5852             Cell. :  418 820-7243

Sylvain Bergeron, LASTUSE du Saguenay

Tél:      418-543-3569Cell:    418-820-5747

 

Sans titre